Burn-Out – Dépression : A-t-on le Droit à l’Oubli ?

Cet article n’était pas du tout prévu mais le but de ce blog est aussi de partager mes coup de blues et mes réflexions du moment, de pouvoir évacuer certaines frustrations passagères ou non.

Avant-hier, après la décision de garder une journée de plus Chipette à la maison, j’ai craqué. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. La fatigue de l’hiver, des fêtes de fin d’année, d’une rentrée mouvementée, des microbes en tout genre (les enfants et moi-même), … Je me sens dépassée et épuisée. Ces heures où mes enfants sont à l’école, c’est ma bulle d’oxygène dans mon quotidien très speed du moment, des moments où je ne vis enfin que pour moi, après 5 ans consacrés à eux… Alors, j’avoue, quand ces parenthèses se font rares, j’étouffe un peu.

Avant-hier, juste avant que PapaSurLeFil ne parte au travail, je suis en pleurs et là, il me sort : « Mais tu devrais te faire aider ! ». Ce à quoi je lui réponds : « Je n’ai donc pas le droit de me confier à toi et de craquer ponctuellement tout en ayant un soutien, juste un soutien… ». Et là, il me répond « Mais, ça fait 6 mois que ça dure ! ».

Cet épisode, peut-être anodin pour vous, mais surtout récurrent à la maison me ramène toujours 5 ans en arrière, au moment de mon burn-out et me fait m’interroger sur ses conséquences sur notre quotidien d’aujourd’hui. Et à chaque fois, je me pose les mêmes questions. Est-ce que j’aurais un jour le droit à l’oubli ? Est-ce qu’il sera capable, un jour, de tourner définitivement la page de cet épisode de notre vie ? Est-ce que je vais trainer cet épisode noir de ma vie comme un boulet pendant encore des années ?

J’en viens à ne plus du tout me confier à lui, ne me sentant plus écoutée et cela n’arrange clairement pas les choses. Et là, en ce moment, j’aurais juste besoin qu’il me prenne dans ses bras, sans jugement, sans crainte, qu’il me dise que le plus dur est derrière nous, qu’il est conscient que ce sera long mais que cela va mieux et qu’il ne voit pas seulement les rechutes, inévitables dans ce genre de cheminement.

Je suis consciente que tout n’est pas réglé mais pour autant, je ne souhaite qu’une chose, tourner la page de cette période de ma vie mais j’ai parfois l’impression que lui n’arrivera jamais à le faire.

Quand je pense à tout ça, j’ai tendance à comparer mon burn-out à un gouffre dans lequel je suis tombée. Pendant longtemps, je n’ai eu aucune solution pour en sortir. Si l’écoute d’un médecin et la courte aide médicamenteuse a permis à un escalier d’apparaître, j’ai vite été consciente que ces marches (ces trop nombreuses et glissantes marches), il allait falloir que je les gravisse seule, une à une, pour revoir la lueur du jour.

Si aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir réussi à franchir quelques grandes étapes, je sais qu’il en reste encore pas mal devant moi. J’ai juste besoin que quelqu’un, que mon homme me tienne la main et m’aide à remonter rapidement les quelques marches que je viens de dégringoler à nouveau. Je souhaiterais juste qu’il ne me force pas, à chaque fois, à regarder en arrière en me montrant le peu de chemin que j’ai réussi à parcourir tout seule.

J’aimerais juste qu’il me montre le soleil tout en haut de l’escalier et me dise « Allez, on y va tous les 2, cela vaut le coup »… Malheureusement, aujourd’hui, j’ai toujours l’impression d’être seule sur cet fichu et bien trop long escalier…

Je suis sincèrement désolée pour l’article Déprime du jour, j’ai clairement hésité à le publier mais je crois qu’il fallait que ça sorte… Promis, il y en aura des plus gais et plus colorés.

Bonne journée…

Virginie

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4 commentaires sur « Burn-Out – Dépression : A-t-on le Droit à l’Oubli ? »

  1. Bon, me voilà à flâner par ici, et je tombe sur cet article qui me parle énormément….
    J’ai fait une dépression post partum près de 6 mois après la naissance de ma fille aînée. J’ai remonté la pente toute seule, doucement mais sûrement, le jour où mon mari m’a dit, comme le tien : « Je n’en peux plus, il faut que tu te fasses aider ! ». Alors certes, je n’étais pas tombée tout au fond du trou, mais là, avec la naissance de ma deuxième, j’avoue que j’ai énormément d’appréhensions, et que, comme toi, je crains de voir réapparaître le spectre de ma première dépression.
    J’ai déjà pris les devants et fait une séance avec une psy en fin de grossesse, et de savoir que je peux l’appeler et retourner la voir si nécessaire, ça me soulage beaucoup. D’ailleurs, avec nos différentes rentrées imminentes, je me sens bien fragilisée, et je pense que je vais la recontacter pour une ou deux séances.
    Bon, je suppose que depuis tu vas mieux, mais voilà, comme ça, tu sais que tu n’es pas seule dans cette situation ! 😉

    1. Merci pour ton témoignage… cela fait toujours du bien de savoir que l’on n’est pas seule, c’est d’ailleurs l’une des raisons de ce billet… si cela peut aider certaines à remonter un peu la pente…
      Oui, cela va beaucoup mieux (heureusement, cela date s’il y a près de 6 ans maintenant) mais c’est vrai que la menace ne paraît jamais loin… on apprend à anticiper et à lâcher du lest quand il le faut pour ne pas resombrer… la remontée est tellement longue et difficile…
      Je reste quelqu’un de fragile qui a du mal à gérer l’imprévu et la charge de travail…
      Tu as complètement raison d’anticiper… il vaut mieux prévenir que guérir !

      Virginie

  2. Je te comprends parfaitement sur ce point. Moi aussi je demande du soutien de la part de mon mari que je n’ai pas il faut que je lui mettes le doigt dessus ou que j’explose pour avoir une oreille attentive. Je revois une psychologue pour vider mon sac par moment et cela fait du bien!

    1. Tu as raison… Ce n’est pas toujours évident dans un couple… il vaut mieux vider son sac régulièrement plutôt qu’il n’explose ! Je devrais le faire plus souvent !!

      Virginie

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