Un peu de moi et pourquoi « Maman Sur Le Fil »…

Aujourd’hui, je vous publie, avec un peu d’angoisse, un article plus personnel. Je vais me présenter plus longuement tout en expliquant pourquoi le blog se nomme « Maman Sur Le Fil ». J’ai toujours eu du mal à parler de moi mais le but premier de ce blog est de partager et d’échanger, je vais  donc tenter de me livrer un peu.

Sur le Fil des Émotions

Je suis très sensible (certains diront même hypersensible – mais non, je ne pleure pas devant les Disney au cinéma !), un peu très sanguine, colérique, je dis souvent ce que je pense sans ambages et j’ai du mal à gérer mes émotions au quotidien. À l’inverse, j’ai beaucoup de mal à supporter l’injustice, l’irrespect et l’intolérance. J’ai un caractère très ouvert et je n’accepte pas la méchanceté gratuite. Ce package explosif fait partie de ma personnalité de base mais a sûrement été exacerbé par un épisode un peu compliqué de ma vie suite à la naissance de ma fille.

Petit retour en arrière : j’ai été diplômée d’une école d’ingénieur en 2006 et j’ai commencé, cette même année, à travailler dans une banque en tant qu’Inspecteur. Oui, ça fait un peu pompeux dit comme ça mais cela consistait à parcourir la France, à aller dans différentes agences et différents services et contrôler que tout se passait bien (pour simplifier). J’ai donc passé quasi 4 ans à arpenter la France et c’était top !

Puis, Chipette est née, le retour au travail s’est fait quasi 5 mois plus tard en tant que Directrice d’agence. Un peu plus de 6 mois après, je repartais en congé parental. En effet, suite à ce changement de poste difficile et à des problèmes de santé, j’ai fait une sorte de burn-out (maternel, professionnel, un peu tout en fait). Nous étions alors fin 2011. J’ai encore du mal à évoquer le sujet et même si le plus dur est derrière moi, ce sont des choses qui marquent et qui nous laissent longtemps à fleur de peau.

J’ai alors passé quasi un an à végéter (PapaSurLeFil a été exemplaire et à palier aux manquements de la mère que je n’étais plus vraiment) avant de réagir et en parler aux personnes adéquates. Depuis, je remonte la pente doucement. Nous avons profité de cet arrêt pour quitter la région parisienne et s’installer dans l’Eure. L’arrivée de BidouBoy quelques mois plus tard m’a un peu réconciliée avec tout ça et j’ai pu profiter de mes 3 ans de congé parental. Et même si l’impression d’avoir raté une année importante de la vie de ma fille (et la culpabilité qui va avec) seront toujours là, j’avance et j’essaie de réparer les choses au quotidien.

Sur le Fil du Temps qui Passe

Souvent, je me dis que je n’ai plus 20 ans (en vrai, je n’ai même plus 30 ans !). Les nuits blanches et les bêtises de mon adolescence, les soirées en boîte de ma jeunesse sont loin derrière moi. L’énergie de ces 20 ans aussi est loin derrière moi.

Les premières rides, les premiers cheveux blancs qui apparaissent. Mais surtout, et de plus en plus, je m’aperçois que je n’ai plus de bébé à la maison. Plus de couches à changer (ce n’est pas ce qui me manque le plus, j’avoue), plus de bébé qui s’endort dans mes bras, plus de câlins interminables, une autonomie qui grandit avec l’entrée à l’école pour BidouBoy et l’entrée au CP pour Chipette, des enfants qui s’affirment (à grands cris malheureusement) avec des personnalités qui se dévoilent.

Nous n’avons pas vraiment l’envie d’un 3ème aujourd’hui alors on s’accroche à ces petits détails qui restent encore et qui nous font, parfois, avoir l’impression que ce sont encore un peu des bébés (la tétine pour BidouBoy -même si va falloir penser à la retirer cette fichue tétine-, le biberon du matin que ma grande de 6 ans n’a pas l’air de vouloir lâcher, …).

Sur le Fil du Changement

J’ai ainsi un peu l’impression d’être à un tournant de ma vie. Après presque 6 ans consacrés quasi qu’à mes enfants, et l’entrée de BidouBoy à l’école, il était temps que je pense un peu à moi et que je réfléchisse à ce que j’allais et voulais faire de moi.

Aux 3 ans de BidouBoy, j’aurais du reprendre le boulot, toujours au sein de cette même banque. Je souhaitais reprendre à temps partiel et pas trop loin de chez moi afin de reprendre pied dans le monde du travail petit à petit (nous avons la chance de pouvoir se le permettre financièrement). La seule proposition qui m’a été faite était un 80 % à plus d’une heure de chez moi. J’ai donc refusé et suis au chômage depuis cet été.

Je suis surtout en pleine réflexion sur mon avenir professionnel. Je fais depuis Novembre une formation d’anglais afin de me remettre à un niveau acceptable sur le marché de l’emploi et cherche un travail dans l’administratif ou l’accueil à mi-temps si possible. En parallèle, j’ai créé ce blog, car rester sans projet, c’est impossible pour moi.

Sur le Fil de l’Organisation

Régulièrement, j’ai aussi l’impression de gérer mon quotidien telle une équilibriste sur un fil. Avec les 2 loulous, un PapaSurLeFil qui travaille beaucoup, le début de la formation d’anglais, la recherche d’un boulot et le lancement du blog, il ne faut pas grand chose pour que tout s’enraye…

En résumé, j’ai actuellement l’impression d’être en équilibre sur un fil et que selon, si j’avance, si je recule, si j’arrive à rester dessus, si j’arrive au bout ou non, mon destin ne sera pas le même.

Voilà, j’espère que cet article, qui m’a un peu coûté à écrire, vous permettra de me cerner un peu plus.

Et vous, si vous me parliez un peu plus de vous ?

Bonne journée

Virginie

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7 commentaires sur « Un peu de moi et pourquoi « Maman Sur Le Fil »… »

  1. Merci pour ce partage authentique. Moi je suis une maman tout aussi imparfaite que toi, nous le sommes toutes plus ou moins sur le fil à jouer les équilibristes de haut-vol!! Tout ce que je peux te dire c’est que tu as bien fait de créer ce blog cela va t’occuper donc BRAVO!!! Pour en savoir un peu plus sur moi vient découvrir mon univers à travers le blog que j’ai crée autour de ma fille Yzy!
    xoxo
    https://yzystyle.com

    1. Bonjour,
      Merci pour ce gentil commentaire… Effectivement, pour l’instant, il m’occupe déjà bien et je découvre et apprends plein de choses ! J’ai été faire un tour sur ton blog et ta fille est magnifique ! Tes photos sont tops également. Bonne journée et bonnes fêtes de fin d’année à toi et ta famille…

  2. J’ai connu des moments très diffille après la naissance de mon fils (dépression du post-partum et des soucis avec la famille) j’ai été végétatif tout comme toi pendant pratiquement un an, donc je peux te comprendre.

    1. Merci pour ton témoignage… je crois que cette situation est malheureusement assez courante mais encore assez tabou ! J’espère que cela va mieux maintenant ?

      Virginie

  3. Bravo « Maman sur le fil » pour ce témoignage et merci de l’avoir partager ! Depuis que je l’ai lu j’ai eu envie de répondre, car il fait écho chez moi… Beaucoup de réflexions depuis que je suis maman aussi et ton billet m’a permis de les coucher. Merci !

    Le fil est fragile… mais finalement être sur un fil, n’est-ce pas être au plus proche de sa vérité ? Rien n’est tout blanc ni tout noir. Fou est celui qui pense que la route sous ses pieds risquerait de ne jamais de s’effondrer ! Car la vie est sans cesse nuancée et des épreuves difficiles nous font prendre conscience que tout ne tient qu’à… un fil.

    La naissance de mon fils fut pour moi aussi un vrai tsunami, j’ai, suite à cet événement décidée de démarrer une thérapie et de faire un bilan de compétence professionnel. Je pense que ma dépression datait de bien avant mais que je tenais le cap tant bien que mal…. Avec un événement tel qu’une naissance je n’ai pas pu aller bien loin ensuite toute seule ! Aujourd’hui, même si j’ai vécu la maternité comme une épreuve du feu, je dis « merci » à mon fils de m’avoir mis en face de moi-même même. Je suis heureuse d’être la maman de ce petit bonhomme qui fait ma fierté, même si c’est, comme pour toute maman j’imagine, autant une source de joie que de profond désarrois !
    Car personne ne m’avait prévenue. Personne ne m’avait dit que la maternité c’était un bouleversement total. Que j’allais être très seule. Avec une famille taiseuse, sans copines-maman à proximité, ayant pour seul exemple une grande soeur mère (et allaitante) de 4 enfants, je voyais que oui, avoir des enfants, c’était beaucoup de travail, et je devrais sûrement renoncer à des choses de ma vie d’avant mais… je ne percevais pas la profonde transformation que cela allait susciter. Et puis la maternité est différente pour chaque mère ! Pour moi ça a été aussi un violent miroir de ma propre petite enfance.

    Quand au côté professionnel il a lui aussi été chamboulé, comédienne et intervenante artistique, bien que passionnée, je n’ai jamais vraiment été épanouie dans mon métier. Alors quand il faut choisir entre son enfant et se lancer dans des projets qui soit nous envoient loin, soit sont mal payés, soit sont sans intérêt artistique…. suivez mon regard… le choix est vite fait !
    Cependant je n’ai pas fait de choix radical, car j’étais trop fragile pour m’occuper totalement de mon fils (ou peut être cela ne me correspondait pas non plus d’être à 100% dédiée). C’est pourquoi il est allé à la crèche à 4 mois et demi. C’était à ce moment là nécessaire car je terminais une formation. Mais par la suite j’ai commencé un travail trop « challenge » qui me demandait une grande confiance en moi-même et… j’en sortais en pleurant ! Il était évident que tout mes repères étaient chamboulés et que la maternité avait été le coup de grâce dans mon estime de moi. Et bien sûr je je culpabilisais… « à quoi bon laisser mon fils à la crèche si mon travail ne me rend pas heureuse? » même s’il faisait des petites journées ou si je le gardais le mercredi par exemple, une petite voix me disait : « Aujourd’hui tu ne travailles pas… une bonne mère garderai son enfant ! »
    Un an plus tard, je démarrais le travail de thérapie et j’étais soutenue dans mes choix par ma thérapeute qui me disait que la crèche était pour le bien de mon fils (d’autant plus qu’il y était heureux) car il fallait que je m’occupe de moi… il en était temps ! Pourtant cela me semblait totalement contradictoire avec cette période qui me voyait jeune maman pour la première fois… Ne suis-je pas censée plutôt faire des sacrifices et être dédiée à mon nouveau né ?

    Mais la maternité m’avait décentrée. Je m’étais comme… perdue de vue. Quand comme moi, on veut toujours « bien faire » et être la « fille parfaite » on s’abandonne complètement à son enfant, on change tout, on exige trop de soi et des autres… on en oublie même… ses propres besoins ! Et quand la petite fille que j’étais toujours au fond de moi réclamait de l’attention, aïe aïe aïe ! La colère grondait, contre moi, contre les autres, j’expulsais d’un geste violent cette petite fille qui n’avait pas sa place ici, pas maintenant. Dans ces moments, tout se mélange, tout se confond, je perds patience avec mon enfant, j’explose de rage devant mon conjoint. Je ne sais plus à qui j’en veux et je sens le poids du monde sur mon dos.
    Voilà ce qui arrive quand la « fille parfaite » devient une « mère parfaite » en puissance. Or j’ai appris que… TADAAA : cette mère parfaite n’existe pas ! (Enfin, rassurez-vous, je suis toujours en apprentissage.) Je garde aussi en mémoire l’image de ma mère … Une femme si peu épanouie, faisant tout à 100 à l’heure sans réfléchir, sans penser à elle, n’étant là ni pour elle-même ni pour ses enfants, culpabilisée et culpabilisante. Quelle tristesse !

    Ne nous oublions pas pour nos enfants, ne soyons pas 100% dédiés à eux (sauf si cela fait parti d’un projet profond et conscient), cultivons nos envies, enrichissons nos relations. L’enfant qui naît demandera (c’est son but) TOUTE la place. Le voyage sera beau mais tumultueux !
    Je crois en la joyeuse transformation que la maternité procure, quel dommage ce serait de ne pas se laisser embarquer par ce petit être tout neuf qui nous pose, nous met au présent, nous montre la beauté du monde à travers ses yeux frais. Mais attention, la rencontre ne serait pas totale si la transformation ne se faisait qu’en sens unique ! Et l’enfant doit lui aussi suivre le mouvement. Il grandira sans cesser d’être tiraillé entre ses propres envies et le rythme qu’on lui impose. La naissance est pour l’enfant le premier traumatisme, il arrive dans un monde imparfait, et sera forgé dans celui-ci au beau milieu d’une famille …imparfaite. Comme nous, qui vivons dans une société imparfaite, même si nous tentons, de notre mieux, de la rendre meilleure. C’est comme ça, et il faut faire son chemin, suivre son fil…

    D’autant qu’une naissance n’est pas sans conséquences. Les cartes sont redistribuées. Une famille nait avec l’enfant. Comme quand le couple se forme et qu’il faut alors « faire à 2 », l’arrivée d’un enfant implique qu’il faut maintenant faire à 3. Or chacun a son propre rythme, ses besoins, ses envies. Comment nos violons trouvent-il à s’accorder ? Comment être en accord avec soi-même et avec « l’envahisseur » ? Combien de cacophonies avant la symphonie ?
    Aujourd’hui j’essaye de prendre tout : les bons moments pour moi, ceux avec mon fils et aussi, avec mon couple ! Malgré les tempêtes… J’ai lu aussi ton billet « couple à la dérive », qui est aussi un beau témoignage sincère, loin des clichés de la « joyeuse petite famille ricorée » et qui fait du bien à lire (auquel j’aurai à répondre aussi !). Car oui avec l’arrivée d’un enfant le couple en prend pour son grade. Comment trouver de la place pour tout le monde quand les journées ne font toujours que 24h et les semaines 7 jours ? Qu’il faut se lever le matin, payer le loyer, faire avec les tracas du quotidien avec, au milieu un petit être qui demande sans arrêt notre attention ? Malgré tout, le couple est aussi une « cellule » à cultiver et à enrichir pour ne pas qu’il flanche… Pour ne pas se réveiller ensemble un jour et se dire « qu’est-ce qui nous unit d’autre que les enfants? quelles valeurs partageons-nous et souhaitons-nous transmettre ? » De même que prendre soin de soi est essentiel, continuer d’enrichir son couple de projets (même petits ! un diner surprise par mois chacun son tour?) est capital.

    Maman sur le fil, femme sur le fil, couple sur fil… Oui, car rien n’est jamais gagné, tout se « travaille » et la vie est aussi fragile qu’un cheveu… Mais dans cette belle image qui me parle et me touche, je vois aussi la possibilité de tisser avec d’autres fils, comme tu le fais avec ton blog, dans le partage. Je vois aussi la possibilité de se nourrir d’expériences diverses. En ce qui me concerne je me nourris par les images et les histoires des autres, dans les livres, au théâtre, au cinéma, dans mes voyages. Je me nourris aussi dans ma pratique artistique, dans le groupe et l’échange avec les autres. Difficile donc à concilier avec une vie de famille ! Cependant si je ne me nourri pas… j’éteins la flamme et je ne suis plus à moi-même ni à personne d’autre. Maintenant, cette nourriture là, je la vois comme autant de fils qui viennent s’ajouter et soutenir le premier. Soutenir mon couple aussi. Soutenir la maman que je suis et celle que je vais être pour le 2e enfant que j’attends. Pour qu’un jour le fil s’épaississe et devienne un tapis… coloré et confortable sur lequel je peux me reposer… Beau projet non ?

    1. Merci pour ce superbe témoignage ! Tout ce que tu dis est tellement vrai, sensée et beau… je vois que pour toi aussi, la maternité et ta vie professionnelle n’est pas un long fleuve tranquille… mais que pour l’instant, tu navigues vers des eaux plus calmes. J’aime ta vision de la maternité et du couple et j’adore ton image des fils qui se tissent au gré des événements, des rencontres, et de la vie pour former le plus beau des tapis ! En tout cas, un énorme Merci pour ce témoignage qui me pousse à continuer de témoigner des difficultés de la vie, dans trop de masque… en tout cas, tu parais m’avoir bien cernée !
      Je te souhaite une merveilleuse grossesse et une bien belle rencontre, plus sereine avec ton deuxième trésor…
      Belle soirée

      Virginie

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