Rappel de paquets de pâtes pour risque allergique : ce qu’il faut savoir

rappel produits de nouveaux paquets de pates peuvent provoquer des allergies

Des pâtes bio achetées en magasin, une étiquette qui ne mentionne aucun allergène, et pourtant des traces de mollusques à l’intérieur. Le 4 septembre 2025, ce scénario a poussé la société Biovence à déclencher un rappel volontaire. Si vous avez acheté ces produits cet été, voici ce que vous devez vérifier.

Rappel Biovence et Moulins de Provence : les produits concernés

La marque Lazzaretti, commercialisée par Biovence, est au cœur de ce rappel. Le produit visé est une torsade semi-complète bio, distribuée dans toute la France entre le 17 juillet et le 30 août 2025. Les pâtes contiennent des traces de mollusques non déclarées sur l’emballage, ce qui pose un risque réel pour les personnes allergiques à ce type d’aliment.

Pour identifier le paquet concerné, vérifiez le GTIN 3267460030344 et le numéro de lot 2519809. La date de durabilité minimale est le 17 juillet 2028 – autrement dit, ces paquets sont encore en circulation et dans de nombreux placards.

La marque Moulins de Provence est aussi concernée, avec quatre références retirées :

  • Torsades semi-complètes 500 g
  • Tagliatelles petit épeautre 250 g
  • Tagliatelles cèpes-châtaignes 250 g
  • Pennes semi-complètes 500 g

Ces deux marques sont souvent vendues en épiceries bio, marchés ou circuits courts. Si vous faites régulièrement ce type de courses, vérifiez vos réserves dès maintenant.

Pourquoi des traces de mollusques se retrouvent-elles dans des pâtes?

La réponse la plus probable : la contamination croisée en atelier de production. Quand un même équipement sert à fabriquer différents types de pâtes – y compris des spécialités contenant des cèpes, des châtaignes, ou d’autres ingrédients moins courants – un résidu peut passer d’un lot à l’autre si le nettoyage entre deux fabrications est insuffisant.

Dans le cas des tagliatelles cèpes-châtaignes, on peut imaginer qu’une ligne de production a également servi à préparer des pâtes aux fruits de mer, ou que des ingrédients ont été stockés dans des conditions favorisant un transfert. L’enquête interne de Biovence n’a pas été rendue publique dans le détail, mais le mécanisme est bien connu dans l’industrie agro-alimentaire.

Le problème de fond, c’est l’étiquette. Le règlement européen INCO impose de déclarer les quatorze allergènes majeurs, dont les mollusques. Quand cette mention disparaît – par oubli, erreur de référencement ou défaut de contrôle – un consommateur allergique n’a aucun moyen de se protéger. Il fait confiance à ce qu’il lit, et cette confiance est trahie.

Les allergies aux mollusques : quels symptômes et quels risques réels?

L’allergie aux mollusques (huîtres, moules, palourdes, escargots, calmars) touche environ 0,5 à 1 % de la population adulte dans les pays occidentaux, selon les études épidémiologiques publiées. Chez l’enfant, elle est moins fréquente mais peut apparaître dès les premières expositions.

Les symptômes varient selon la sensibilité de chacun. Dans les formes légères, vous observez des démangeaisons autour de la bouche, des rougeurs, ou une légère urticaire dans les minutes qui suivent l’ingestion. Ces réactions restent gérables, mais elles signalent que le système immunitaire a réagi.

Dans les formes sévères, la réaction peut évoluer vers un choc anaphylactique en moins de vingt minutes : chute de pression artérielle, gonflement de la gorge, difficultés respiratoires, perte de connaissance. C’est une urgence médicale. Selon l’Académie française d’allergologie, les mollusques et crustacés sont parmi les allergènes les plus souvent associés à des anaphylaxies graves chez l’adulte.

Pour un enfant allergique ou un adulte qui a déjà eu une réaction forte, même une trace infime peut suffire à déclencher une crise. C’est précisément pourquoi l’absence de mention sur l’étiquette transforme un produit courant en danger potentiel.

Vous avez acheté ces pâtes : quelle marche à suivre?

D’abord, vérifiez le paquet. Retournez-le et cherchez le code-barres GTIN ainsi que le numéro de lot imprimé sur le côté ou le fond de l’emballage. Si vous voyez GTIN 3267460030344 / lot 2519809 avec une DDM au 17 juillet 2028, ne consommez pas ces pâtes, même si vous n’êtes pas allergique – par précaution pour votre entourage.

  • Rapportez le paquet au magasin où vous l’avez acheté : vous devez obtenir un remboursement sans avoir à présenter le ticket de caisse.
  • Si vous n’avez pas conservé l’emballage mais que vous avez mangé ces pâtes récemment, notez la date et les éventuels symptômes ressentis.
  • En cas de réaction allergique – même légère – consultez votre médecin ou un allergologue. Si la réaction est sévère (gonflement du visage, souffle court, malaise), appelez le 15 immédiatement.

Les personnes qui portent un auto-injecteur d’adrénaline (type EpiPen) doivent l’avoir à portée de main dès les premières heures suivant l’ingestion accidentelle. Une réaction peut se manifester avec un délai, surtout si la dose ingérée était faible.

Les rappels de pâtes alimentaires se multiplient en France

Ce rappel Biovence ne sort pas de nulle part. Ces dernières années, les alertes sur des produits secs – pâtes, farines, légumineuses – se sont multipliées en France, souvent pour des allergènes non déclarés ou des contaminations microbiologiques. La plateforme RappelConso, gérée par la DGCCRF, recense ces avis en temps réel. Vous pouvez y faire des recherches par catégorie de produit, par marque ou par allergène.

Ce type de rappel pour contamination non déclarée concerne aussi bien des produits de grande distribution que des circuits bio ou artisanaux – aucune filière n’est entièrement à l’abri d’un défaut de traçabilité.

Pour ne pas passer à côté d’une alerte, vous pouvez activer les notifications sur le site RappelConso ou suivre le compte officiel de la DGCCRF. Certaines applications mobiles agrègent également ces rappels et vous alertent selon les produits que vous scannez régulièrement. C’est trente secondes à paramétrer, et ça peut éviter un passage aux urgences.

Un placard bien rangé ne suffit pas – c’est la vigilance sur l’étiquette qui protège vraiment. Et quand l’étiquette est fausse, c’est au fabricant d’assumer, pas au consommateur de deviner.