Le nom de Patrick Ben Soussan circule autour d’une venue au Puy-en-Velay. Ce que l’on peut établir ici concerne l’homme et son discours. Pour la rencontre elle-même, aucune date, aucun lieu, aucun format ni tarif n’ont pu être confirmés : ces détails relèvent de l’organisateur ou de la source de l’annonce que vous avez vue passer. Avant de vous déplacer, vérifiez-les à cet endroit, car une rencontre peut avoir changé ou ne pas exister sous la forme annoncée.
Un pédopsychiatre qui a vu des parents de très près
Patrick Ben Soussan est psychiatre et pédopsychiatre. Il est responsable du département de psychologie clinique à l’Institut Paoli-Calmettes, le centre régional de lutte contre le cancer de la région PACA, à Marseille. Avant cela, il a exercé plus de vingt ans en maternité, en unité de néonatologie, en CAMSP et en pédopsychiatrie. Autrement dit, il a côtoyé des parents au moment le plus fragile : la naissance, les premiers jours, les inquiétudes sur le développement.
Il a aussi participé en 2001-2002 aux travaux du groupe « Psychiatrie et Périnatalité » au ministère de l’Emploi et de la Solidarité, et organisé à Bordeaux, de 1994 à 2000, un colloque annuel sur la toute petite enfance, Les Vendanges de Monsieur Bébé. Côté édition, il dirige la revue Spirale et plusieurs collections chez érès, dont « 1001 et + ». Son ancrage dans le champ de la petite enfance est donc ancien et à double entrée : clinique et éditoriale.
Ce que « déculpabiliser » veut dire chez lui
Le message tient en peu de mots : le parent parfait, toujours patient, toujours cohérent, toujours en harmonie avec ses enfants, n’existe pas, et courir après ce modèle fabrique surtout de la culpabilité. S’appuyant sur Françoise Dolto et Donald Winnicott, il remet en cause le mythe de la parentalité parfaite et harmonieuse.
Trois idées reviennent dans sa présentation :
- on a le droit de « se rater » : même quand cela arrive, la vie offre de nombreuses occasions de se rattraper ;
- la plupart des conseils en parentalité résistent mal à l’épreuve du quotidien ;
- les parents gagneraient à moins prêter l’oreille aux discours sur l’éducation et à prendre confiance en eux.
Il ne dit pas que tout se vaut ni que rien n’a d’importance. Il déplace le regard : un parent qui se trompe n’est pas un parent défaillant. Si vous avez déjà ressenti ce poids après une journée de cris ou une phrase de trop, vous voyez le terrain sur lequel il se place. Sur cette question de l’erreur éducative, un autre texte du site va dans le même sens en y voyant des occasions d’évoluer plutôt que des fautes.
Ce qu’il ne propose pas
C’est sans doute le point qui compte le plus si vous êtes saturé de conseils. Ses ouvrages sont décrits, notamment par les lecteurs de Babelio (une source de critiques de lecteurs, donc à prendre comme un avis et non comme une présentation officielle), comme déculpabilisants et à la portée de tous les parents, sans vente d’ateliers ni recettes toutes faites. Il ne vend pas une méthode de plus à appliquer en trois étapes.
Deux types de lecteurs réagiront donc différemment. Si vous êtes lassé des méthodes et des injonctions, ce discours peut faire office de contrepoint, une façon de respirer. Si vous cherchez au contraire des gestes précis pour gérer une crise du soir ou un endormissement difficile, vous risquez de rester sur votre faim : ce n’est pas ce qu’il propose. Le titre de l’un de ses livres, qui s’adresse à ce que la parentalité positive « ne vous a pas dit », donne d’ailleurs le ton.
Les trois livres pour se faire une idée
Si vous ne pouvez pas vous rendre au Puy, ou si vous voulez juger le discours avant de faire le déplacement, les livres sont le moyen le plus direct. Tous sont parus chez érès, dans la collection « 1001 bébés » (1001BB) :
- Comment survivre à ses enfants ? Ce que la parentalité positive ne vous a pas dit (n°165, octobre 2019) : le titre annonce le contrepoint aux injonctions éducatives ;
- De l’art d’élever des enfants (im)parfaits (n°152) : il invite à plus d’indulgence envers soi-même et rappelle que la vie laisse de nombreuses occasions de se rattraper (le titre est cité sous deux formes selon les sources, avec ou sans « (im) ») ;
- Parents, on vous prend pour des cons ! (n°193, 136 pages) : le plus frontal des trois, qui défend les parents face aux discours qui les jugent.
Les prix et la disponibilité varient selon les librairies et les plateformes : regardez-les au moment de l’achat, ou empruntez les ouvrages en médiathèque.
Venir l’écouter ou le lire d’abord ?
Le plus simple est de commencer par un livre court, qui se lit à petites doses entre deux obligations, et de voir si le ton vous parle. Si oui, cherchez les informations pratiques de la rencontre auprès de l’organisateur ou de la source de l’annonce : date, lieu, inscription éventuelle, format. Si vous ne pouvez pas vous libérer à la date prévue, les livres restent l’accès principal à son discours.
Une limite à garder en tête : un discours qui déculpabilise ne remplace pas un accompagnement. Si vous traversez une détresse familiale, si vous vous inquiétez pour un trouble chez votre enfant, ou si c’est vous qui souffrez, parlez-en à un professionnel, par exemple votre médecin ou la PMI pour les jeunes enfants. Et si ce qui vous pèse est surtout la crainte de mal faire, vous pouvez aussi lire comment se poser la question de sa propre sévérité sans se juger trop vite.